Anciens Lauréat.

Comment as-tu entendu parler du concours photo l’année dernière ?

J’ai entendu parlé du concours par internet, via le site de l’ESJ notamment. Il y avait une rubrique qui présentait le travail des lauréats de la première édition.

 

Pourquoi as-tu eu envie d’y participer ? Quel rapport entretiens-tu avec l’univers de la photographie ?

J’y voyais une occasion d’essayer un nouvel exercice. Jusqu’à ma participation au concours, la photographie n’était pour moi qu’un loisir. M’y consacrant de plus en plus, j’ai eu envie de tenter un concours, c’est ce qui m’a donné envie de participer à « Clichés d’hiver ».

 

A quelle catégorie as-tu concouru ? Comment t’es venu l’idée et le nom de ta série ?

Pour la seconde édition, j’ai participé en proposant une série de 11 photos sur le thème « Les territoires de la métropole ».

Pour la réaliser je suis parti photographier les traces que l’Homme a laissées sur le territoire. Je me suis baladé dans Lille mais pas que : je suis aussi allé dans d’autres villes de la métropole comme Tourcoing, Arras ou Roubaix pour observer la mort du vieux patrimoine ouvrier, les nouveaux grands bâtiments des zones économiques. Je ne viens pas du tout de la région et c’est quelque chose qui m’avait frappé en arrivant.

Une fois ma série réalisée, je l’ai appelée « Fractures et Anthropisation ».

Mon but était de parler de toutes ces fractures géographiques et sociales qui font la métropole et qu’on peut entrevoir à travers de petites scènes, souvent anodines. Ainsi je voulais montrer que le territoire peut nous dire quelque chose de nos modes de vie.

 

Comment as-tu entrepris la réalisation de tes photos ?

J’ai passé à peu près un mois à prendre les photos, sélectionner celles qui me plaisaient et choisir comment j’allais les retoucher (car il ne faut pas s’interdire les retouches). Pour ce dernier point, je me suis surtout intéressé à travailler les contrastes et la colorimétrie. Il ne faut pas en abuser, mais bien sûr que cela peut donner un vrai plus à la photo, une autre dimension.

Je pense que cela m’a permis d’accentuer le message que je voulais faire passer.

Et le vrai avantage aujourd’hui avec ce genre de retouches, c’est qu’elles sont accessibles à tous car il existe énormément de logiciels gratuits. Il faut prendre la main, se laisser tenter, s’y essayer. Certes les résultats sont un peu « excessifs » au début, mais avec le temps on finit toujours par comprendre comment utiliser l’étalonnage avec parcimonie.

Pour ma part, j’ai utilisé un petit appareil compact que j’avais eu avant mes études et le logiciel LightRoom.

 

Ton souvenir du concours ?

C’est très plaisant d’être lauréat du concours Clichés d’hiver. J’en garde un très bon souvenir. La préparation du concours m’a forcé à me poser des questions sur comment je souhaite m’exprimer à travers la photographie, sur je ce que j’aspire à dire et surtout sur comment je compte m’y prendre. Cela m’a fait progresser, mais avant tout ce concours m’a fait prendre confiance en moi.

De plus, le fait que l’exposition continue après la remise des récompenses est très enrichissant, j’ai pu rencontrer d’autres personnes du monde de la photo, y compris des personnes œuvrant dans la région.

As-tu eu des retours sur tes photos ?

L’exposition de ma série m’a donné un peu de visibilité, ce qui est toujours bon à prendre quand on débute ! Du coup j’ai pu avoir des retours de professionnels, c’est aussi ce que j’attendais en participant au concours…

 

As-tu eu d’autres projets en rapport avec la photographie depuis l’année dernière ?

Grâce au lot reçu en tant que lauréat j’ai pu financer un bout de mon projet : faire une série de photoreportages autour du conflit israélo-palestinien.

Au-delà de l’aide financière, le concours m’a vraiment fait gagner en assurance, ce qui n’était pas négligeable dans mon envie d’aller sur place et de réaliser ce projet.

 

Penses-tu participer à nouveau cette année ?

Je ne sais pas encore : peut-être si les thèmes m’inspirent !

Le problème c’est que j’ai un peu peur de me répéter, j’ai l’impression d’avoir exprimé tout ce que j’avais à dire sur la région.

 

Un conseil pour les futurs participants ?

Ce que je peux leur conseiller c’est de bien définir ce qu’ils veulent apporter à travers leurs photos. Il faut vouloir produire de belles images mais aussi avoir l’envie de les faire parler.

Et puis bien sûr : il faut oser affirmer son style.

Il ne faut pas non plus s’inquiéter de ne pas avoir le dernier appareil photo vendu sur le marché, l’important c’est d’y mettre l’intention !

 

Un mot à ajouter ? Une suggestion pour cette année ?

Je ne pourrais qu’encourager ceux qui le souhaitent à franchir le pas et à tenter ce concours. Ils n’auront absolument rien à y perdre, bien au contraire. Alors bonne chance à tous ceux qui s’y essaieront !

 

 

Arthur Sarradin, L2 Sciences politiques - Académie ESJ Lille

Lauréat de la meilleure série photo, thème « le territoire de la métropole »

 

Interview réalisée par Clothilde Jupon

Interview d'Arthur Sarradin, ancien lauréat.